Justice

Assassinat de Jovenel Moïse : Quatre ans de surplace pour la justice haïtienne

Ce lundi 7 juillet marque exactement quatre ans depuis que le président de la République, Jovenel Moïse, a été tragiquement abattu dans sa résidence privée, à Pèlerin 5, par un groupe de mercenaires haïtiens et étrangers. Alors que le pays tout entier attend des réponses, la justice haïtienne peine à établir les responsabilités de ce crime odieux.

Dans ce labyrinthe d’inaction autour de ce dossier, une cinquantaine de personnes ont été inculpées jusqu’à présent, dont une dizaine de mercenaires colombiens qui ont pénétré dans la résidence privée du chef de l’État lors de cette nuit tragique. Alors que les États-Unis ont déjà condamné plusieurs responsables impliqués dans ce complot, Haïti, elle, n’a toujours pas tenu un seul procès, illustrant une fois de plus les profondes failles de son système judiciaire.

Un dossier miné par l’instabilité et les pressions

Dès les premières heures de l’enquête, les obstacles se sont multipliés, avec notamment plusieurs juges d’instruction qui se sont succédé, certains refusant le dossier par crainte pour leur vie. Les suspects arrêtés, principalement les 17 mercenaires colombiens, clament leur innocence, affirmant avoir été engagés pour une mission de sécurité. Mais en l’absence de procès, leurs déclarations, comme celles des autres accusés, restent lettre morte.

Les États-Unis montrent l’exemple, la justice haïtienne fait du surplace

Pendant qu’Haïti peine à organiser ne serait-ce qu’une audience crédible, la justice américaine, elle, a fait avancer le dossier sans tenir informée la population haïtienne ni répondre aux épineuses questions liées à ce magnicide. Une dizaine de suspects extradés ont été inculpés, et cinq ont déjà plaidé coupable, écopant de peines allant jusqu’à la prison à perpétuité. Parmi eux, des figures clés comme l’ex-sénateur John Joël Joseph, l’officier colombien Germán Rivera García, et l’homme d’affaires Rodolphe Jaar. Le procès des autres accusés est prévu pour 2026.

Cette efficacité contraste violemment avec le statu quo haïtien, où les dernières auditions à la Cour d’appel de Port-au-Prince, notamment celles de l’ex-Premier ministre Claude Joseph et de l’ancien maire de Jacmel, Marky Kessa, sont perçues comme des simulacres plutôt que comme de réelles avancées.

Quel avenir pour ce dossier ?

Pour de nombreux observateurs, ces convocations à la Cour d’appel ne sont qu’une façade destinée à donner l’illusion d’un processus en marche. « On tourne en rond depuis quatre ans. Chaque audition ressemble à une répétition de la précédente, sans jamais aboutir à un vrai procès », déplore un avocat proche du dossier, sous couvert d’anonymat.

La fragilité institutionnelle, les pressions politiques et l’insécurité endémique continuent d’étouffer toute possibilité de justice. Dans le même temps, la population haïtienne, désabusée, perd peu à peu espoir de voir un jour la vérité éclater sur les circonstances de l’assassinat tragique du président Moïse.

Quatre ans après ce crime qui a secoué le pays, une question demeure : Haïti parviendra-t-elle un jour à juger les assassins de son président, ou cette affaire rejoindra-t-elle les dossiers cruciaux laissés sans suite par le système judiciaire haïtien ?

Suivez nos différents comptes sur les réseaux sociaux. Vous serez toujours informé des nouvelles actualités en temps réel...

🌐 Site Web 📘 Facebook
▶️ YouTube 🎵 TikTok
📸 Instagram # Threads
🐦 X (Twitter) 💬 WhatsApp

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Bouton retour en haut de la page